Anne Chervet

◉ Chaque jour, Anne Chervet part en voyage. Psychologue et neuropsychologue spécialisée en pathologie du vieillissement, elle tente de rejoindre ses patients atteints de maladies neurodégénératives par l’hypnose. Exerçant en milieu gériatrique, elle essaye de les rencontrer là où ils sont et de s’accorder à leur rythme. Son expérience lui permet d’aider les familles, soignants, encadrants et bénévoles à comprendre les problématiques liées au vieillissement et à avoir des échanges non verbaux avec ces personnes. Cette communication n’exige pas moins que d’être dans un état de politesse émotionnelle !

Après toutes ces plongées dans le futur, ces anticipations, ces découvertes, Anne Chervet nous ramène à ce qu’il y a de plus central dans la médecine : l’humain. Neuropsychologue, spécialisée dans les pathologies du vieillissement, elle utilise l’hypnose dans sa pratique quotidienne. « À un bout de la chaîne, il y a la recherche. À ce bout on trouve l’espoir, l’avenir. De l’autre côté, le présent, l’ici et maintenant. Tous les acteurs de terrain qui prennent en charge les patients et les familles sont confrontés aux peurs, aux incompréhensions, aux angoisses. Car à ce bout-là, il y a la mort ».

Anne Chervet nous emmène dans ce monde à la rencontre de Madeleine, nonagénaire, touchée par Alzheimer, ne parlant plus. Par des techniques issues de l’hypnose (synchronisation qui vise à se mettre au rythme de la personne qui est en face, pour être en harmonie avec elle), Anne va obtenir un petit miracle. Quelques mots de Madeleine. Et mieux encore, une empathie de la vieille dame, qui a réussi à percevoir la fatigue d’Anne ce jour-là et qui, avec son mode de communication très altéré, va parvenir à l’exprimer : « ça ne va pas » dit Madeleine… « Ce vendredi en quittant Madeleine je lui ai demandé combien je lui devais pour la consultation. Elle m’a souri ».

Tous les acteurs de terrain qui prennent en charge les patients et les familles sont confrontés aux peurs, aux incompréhensions, aux angoisses. Car à ce bout-là, il y a la mort.
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