Gilles Montalescot

◉ Il est cardiologue et chef du département de cardiologie du CHU la Pitié – Salpêtrière. Pour ce grand acteur des évolutions de la cardiologie, cette spécialité battra demain au rythme d’une connexion permanente, de la suppression des opérations, de l’introduction d’implants par voie veineuse, de pacemakers de petite taille avec des batteries très longue durée.

Puisque l’on parle du cœur, c’est au tour de Gilles Montalescot, chef du département de cardiologie au CHU de la Pitié-Salpêtrière, de venir nous rejoindre. Avec lui, nous replongeons dans l’univers de l’homme connecté.

« Quand vous voyez un cardiologue, il a deux outils, le stéthoscope et l’appareil d’ECG. Ces deux outils vont disparaitre, au profit d’un outil commun : le téléphone portable ». La société de demain mise sur un patient éduqué à sa maladie, capable grâce à des dispositifs très simplifiés de faire son propre ECG. L’algorithme présent dans le téléphone décidera s’il doit se rentre immédiatement à l’hôpital. Cela permettra au patient de venir consulter avant un incident cardiaque et non après.
Et cela change tout… Un exemple pour s’en convaincre ? Prenons un patient hospitalisé en urgence avec un œdème aigu du poumon avec du liquide à l’intérieur des poumons. Cette maladie survient en cas d’insuffisance de la pompe cardiaque. Le premier signe est un essoufflement anormal. Dès ce moment-là, il faudrait consulter ! Grâce à des dispositifs en cours de développement (petits capteurs dans l’artère pulmonaire pour mesurer la pression du sang, ou petits dispositifs sous-cutanés), le cardiologue pourra connaître bien en amont le début d’une décompensation de l’insuffisance cardiaque.
« Ce n’est plus vous qui prendrez rendez-vous avec le cardiologue, c’est lui qui vous appellera et vous dira qu’il veut vous voir ». De multiples améliorations et miniaturisations vont révolutionner la cardiologie ou permettre de mieux nous suivre, comme ces pacemakers qui dans dix ans seront réduits à de petits tubes glissés dans le ventricule, sans anesthésie, ou ces stents résorbables, ces valves posées par les voies naturelles… Assurément, on prend bien soin de notre cœur.

Demain, ce n’est plus vous qui prendrez rendez-vous avec le cardiologue, c’est lui qui vous appellera et vous dira qu’il veut vous voir.