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Thomas Tursz

◉ Il a vécu deux vies en une. Cancérologue clinicien et ancien patron de l’Institut Gustave Roussy, sa vie de médecin a été émaillée de succès et joies, mais aussi de déceptions. Elles lui ont donné l’impression que les progrès pour les malades étaient lents. Sa vie de chercheur biologiste a été passionnante. Il a contribué à la découverte des anomalies des gènes susceptibles de provoquer un cancer. Comme nous allons vers une réelle médecine personnalisée, Thomas Tursz n’a qu’un regret : celui de ne pas être un jeune cancérologue aujourd’hui.

Avant que le rideau tombe sur la fin du premier acte, Thomas Tursz, ancien patron de l’Institut Gustave Roussy vient nous dire ses espoirs et son regret. Espoir de voir l’explosion de découvertes dans le champ de la cancérologie. Regrets de n’être pas un jeune chercheur et de ne pouvoir voir l’aboutissement de l’essor de la médecine personnalisée. « J’ai eu deux vies entre 1970 et 2000, une vie de biologiste et une vie de clinicien. La vie de biologiste était formidable, on commençait à tout comprendre sur le cancer. La vie de médecin a été émaillée d’immenses espoirs, mais aussi de beaucoup de désillusions et de promesses non tenues ».

Et Thomas Tursz de nous entraîner, nonobstant un compteur qui indique que son temps de parole est dépassé, dans la grande aventure du cancer. Le séquençage du génome et des tumeurs qui montre l’immense diversité des cancers… « Cela a changé notre conception du traitement. Avant, c’était de la confection taille unique, maintenant on se dirige vers la haute couture et le sur-mesure ». Et désormais, quels progrès attendre ? Dans les voies traditionnelles de la chimiothérapie, de la chirurgie, de la radiothérapie, les petits progrès s’additionnnt. Des traitements différents vont apparaître. « Nous sommes dans une situation qui ressemble à celles des années 1920-1930 en infectiologie, après la révolution pasteurienne, mais avant la découverte de la pénicilline par Flemming. Nous sommes à la veille de découvrir des médicaments super intelligents ». La recherche est en pleine mutation, au lieu de considérer les cancers d’un organe, elle étudie chaque type de tumeur comme une maladie orpheline…

Fin du premier acte de S3Odéon. Le rideau tombe sur une image tirée du 7ème Sceau, d’Ingmar Bergman, où un preux chevalier joue aux échecs avec la mort. « Tant que je résiste, je vis », dit l’homme à son adversaire. De même pour le cancer qui de maladie mortelle est en train de devenir une maladie chronique. En attendant un jour d’être une maladie guérissable.

La recherche est en pleine mutation, au lieu de considérer les cancers d’un organe, elle étudie chaque type de tumeur comme une maladie orpheline.