Stanislav Dusko Ehrlich

◉ Il est un écologiste de la flore intestinale. Ce professeur et chercheur pionner du microbiote intestinal s’inquiète de la perte sa diversité biologique. Ces recherches à l’Inra lui ont permis de constater que plus nos bactéries intestinales sont nombreuses et diverses, meilleure est notre santé. A contrario, ceux qui ont une flore intestinale appauvrie ont plus de risques de souffrir de diabète, d’obésité et d’allergies et désordres auto-immuns. Les travaux de Dusko conduisent à de nouveaux traitements comme la transplantation fécale.

Il existe en nous un organe que nous possédons tous, car il est impossible de vivre sans lui. Cet organe pèse presque deux kilos, c’est plus que notre cerveau. Il est composé de 100 000 milliards de cellules. Cet organe est notre flore intestinale. Ses fonctions sont multiples et commencent tout juste à être explorées. Écologiste de la flore intestinale, Stanislav Dusko Ehrlich est un des pionniers des transplantations fécales évoquées par le Pr Raoult.
On sait aujourd’hui qu’une flore appauvrie augmente les risques de diabète, d’obésité, d’allergies de maladies auto-immunes, mais aussi favorise la survenue de problèmes hépatiques, de certains cancers… On soupçonne des relations avec le cerveau et les émotions, Alzheimer, la dépression… Le champ de la recherche est immense. Mais pourquoi cet organe est-il à ce point négligé ? demande le Pr Dusko Ehrlich ? « Parce que le médecin n’a pas d’outil, il ne sait pas le palper, il ne dispose pas de scanner pour évaluer son état ». « Nous avons créé un microscope surpuissant, un scanner qui permet maintenant de regarder dans quel état est cet organe ».
Les recherches ont permis de déterminer différents groupes de flores comme il existe des groupes sanguins. Mais aussi de montrer qu’une personne sur trois possède une flore atrophiée (appauvrie de 40 %) ce qui ouvre le champ à une pléthore de pathologies. L’espoir : les interventions nutritionnelles permettent d’enrichir cette flore, d’augmenter de 30 % sabiodiversité, bref de rétablir les conditions d’une bonne santé. « En France 4 % de la population souffre de diabète, 8 % au Royaume-Uni, cela engendre des coûts de l’ordre de 12 milliards d’euros en France, 10 milliards de livres au Royaume-Uni, imaginez les ressources que l’on pourrait libérer simplement en rééquilibrant la flore ? ». On l’imagine, en effet, car le diabète n’est qu’une des nombreuses conséquences d’une flore inadaptée.

Une flore intestinale appauvrie augmente les risques de diabète, d’obésité, d’allergies de maladies auto-immunes, mais aussi favorise la survenue de problèmes hépatiques, de certains cancers.


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