Lionel Naccache

◉ Ancien élève de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, neurologue et neurophysiologiste, chercheur en neurosciences cognitives à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière, membre du comité consultatif national d’éthique, essayiste… Avec cette panoplie philosophique et scientifique, Lionel Naccache joue dans la cour des grands problèmes de société. Son défi actuel est de diagnostiquer la conscience chez des personnes en état de non-communication. L’objectif est de déterminer si un individu incapable de communiquer est conscient ou non.

Lionel Naccache est un ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm, neurologue et neurophysiologiste à l’ICM, il est aussi philosophe, éthicien, essayiste… Son sujet n’est pas moins que la conscience, cet état étrange aux frontières entre la science et l’âme, entre le savoir cartésien et la littérature, qu’il va nous parler.

En sept minutes, mais à la vitesse de l’éclair, Lionel Naccache nous introduit aux mystères de la conscience. Tambour battant, il nous initie à une science avec conscience, qui nous livre l’âme.
Mais qu’est-ce que la conscience ? La définir est impossible. Tout au plus on peut déterminer deux conditions sine qua non. D’une part l’éveil. Pendant le sommeil — hormis le sommeil paradoxal peuplé de rêves — l’anesthésie générale ou le coma, la conscience s’évanouit. Mais l’éveil ne suffit pas. Un épileptique en pleine crise, un patient végétatif sont éveillés et pourtant ils ne sont pas conscients. Une structure spécifique, le « tronc cérébral » intéresse particulièrement les neurobiologistes, car c’est là que tout se joue. Pour donner une métaphore de la conscience, Lionel Naccache nous renvoie à la salle où nous sommes réunis. « Si tout le monde crie aaaah en même temps, c’est un mode de communication ultra-simplifié, qui ressemble à la crise d’épilepsie. Si maintenant tout le monde converse avec son voisin, les informations vont dans tous les sens, mais il n’y a pas de conscience ». Pour qu’il y ait une conscience, il faut qu’existe entre les différentes parties du cerveau une conversation cohérente, structurée et équilibrée.

« Dans notre laboratoire et dans celui de Stanislas Dehaene, avec des IRM fonctionnelles et des EEG, nous nous attachons à détecter et à mesurer ces conversations à longue distance ». Objectif : trouver des « marqueurs » de l’état de conscience, mais aussi améliorer la situation des patients souffrant d’un état déficitaire de la conscience… Et de nous donner rendez-­vous l’an prochain à l’Odéon pour poursuivre la conversation !

Pour qu’il y ait une conscience, il faut qu’existe entre les différentes parties du cerveau une conversation cohérente, structurée et équilibrée.