Caroline Robert

◉ Elle est à la tête de l’unité de dermatologie de l’Institut Gustave Roussy. Elle occupe une place de choix dans la recherche clinique du mélanome et des effets secondaires cutanés des nouvelles chimiothérapies ciblées. Elle est donc en première ligne pour développer l’immunothérapie. Cette nouvelle piste thérapeutique consiste à booster le système immunitaire pour que les lymphocytes T s’attaquent encore plus efficacement aux cellules tumorales. Testée initialement dans le cancer de la peau à un stade évolué, l’immunothérapie confirme son intérêt dans les cancers graves de la peau.

Retour maintenant à l’une des pathologies les plus emblématiques, le cancer. À la tête de l’unité de dermatologie de Gustave Roussy, Caroline Robert s’occupe du mélanome, une tumeur dont l’évolution peut être rapidement fatale.

Caroline Robert nous rappelle quelques consignes de sécurité au théâtre. Pourquoi une longue digression sur les détecteurs de fumée ? Pourquoi nous parler de l’intervention des pompiers qui avec leurs lances à eau étouffent l’incendie, mais au prix de graves dégradations ? Pour mieux nous sensibiliser à l’immunothérapie. Cette approche innovante baisse le seuil de détection des cellules cancéreuses par le système immunitaire. Le mélanome n’est au départ qu’une petite tâche que l’on peut détruire facilement, mais à un moment il va flamber. Telle une étincelle, il va se répandre dans tout le corps, entraîner des métastases et comme le feu, tout consumer. En le détectant tôt, en armant le système immunitaire pour qu’il agisse lui-même contre le cancer, on évite les pompiers, c’est-à-dire les traitements qui à l’instar de la chimiothérapie ou de radiothérapie, peuvent avoir des effets ravageurs.

L’immunothérapie n’est pas magique. On prend le risque que le système immunitaire détecte comme dangereuses des cellules saines. Mais, grâce à l’immunothérapie, certains patients condamnés sont encore en vie. « Mieux encore, des patients inclus dans les essais depuis plusieurs années qui n’ont plus aucune métastase visible. On espère très fort qu’ils soient guéris ».

Guérir du mélanome métastatique ? Ce serait du jamais vu. Attention toutefois à la pensée magique, conclut le Dr Robert. En cancérologie, il faut comme dans la religion Bahaï, s’inspirer de toutes les autres religions et prendre le meilleur de chacune… L’immunothérapie est une solution. Elle ne fonctionne pas pour tout le monde. « À la pause, je viens de rencontrer l’un de mes patients. Il a bénéficié d’immunothérapie, mais aussi d’un des traitements personnalisés. J’ignore ce qui a marché, mais actuellement il va bien et c’est cela qui est important ».

L’immunothérapie est une solution. Elle ne fonctionne pas pour tout le monde.