Alexandre CARPENTIER

Cancer du cerveau, franchir le mur du son…

Mais déjà Alexandre Carpentier, neurochi rurgien à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière vient nous présenter Florence, professeur d’anglais dans l’Est de la France. Un jour, en plein cours, Florence est victime de difficultés d’élocution. Le bilan IRM prescrit par son neurologue dévoile une tumeur cérébrale. Elle est opérée en urgence mais 5 mois plus tard la tumeur est de retour. Le pronostic est sombre….

« Pourquoi la tumeur est – elle revenue aussi rapidement ? », demande le Pr Carpentier. A cause d’une particularité du cerveau : il est protégé des microorganismes et des toxiques de l’environnement par un système étanche, la barrière hématoencéphalique (BHE ). Hormis les protéines et les petites molécules, rien ne passe donc du sang, vers le cerveau.

Rien. Las, cette barrière est également infranchissable pour les chimiothérapies. « Même les anticorps de l’immunothérapie ne rentrent pas ».

A moins que… A moins qu’on arrive à créer des brèches. Et c’est bien là la solution proposée par SonoCloud®, la startup du Pr Carpentier. Cette dernière vise à rendre temporairement perméables ces vaisseaux, le temps d’une chimiothérapie.

Dès les années 60, un scientifique russe a eu l’idée d’émettre des ultrasons pour fragiliser la BHE. Cela marche chez le petit animal mais pas chez l’homme dont les os du crâne arrêtent les ultrasons. La technique développée par Sonocloud® consiste donc à implanter un émetteur au sein même des os du crâne, « directement au contact des méninges ». Les premiers essais cliniques ont montré que grâce à cette procédure, les traitements médicamenteux parvenaient jusqu’à leur cible cérébrale. Florence a demandé à être intégrée dans ces essais. « C’était un mauvais cas, avec une récidive en 4 mois. Le temps était compté. Je l’ai incluse quand même . » Première cure de chimio, seconde cure… La tumeur ne revenait toujours pas. 2 ans et demi plus tard, Florence est toujours vivante.

« Nous continuons nos recherches pour tenter de faire entrer des anticorps qui permettraient de lutter contre la maladie d’Alzheimer… » Bien d’autres maladies neuro logiques pourraient être adressées de la sorte.

Si l’avenir de la prévention n’est pas rose, l’avenir des neurosciences, assurément, est porteur de multiples espoirs… Encore faut – il franchir certaines barrières…