Thomas SIMILOWSKI

La neurophysiologie respiratoire, une thérapie qui a du souffle.

Une fraction de seconde…. Quand le trac subtilement vient embrouiller notre cerveau provoquant une « panne d’inspiration »… Pendant cette fraction de seconde, l’acteur oublie son texte. Mais heureusement le souffleur est là pour le lui remémorer…
Ce cerveau essoufflé est aussi un cerveau souffleur, un cerveau qui peut aider les patients atteints de maladies broncho-pulmonaires, à mieux respirer, à mieux profiter de chaque gorgée d’air. C’est en tout cas la conviction de Thomas Similowski, pneumologue et directeur de l’UR de neurophysiologie respiratoire expérimentale et clinique à l’INSERM.

Le souffle c’est la vie. Le trac, la peur coupent le souffle. L’inspiration profonde apaise…. Le soupir de son côté envoie un message au cerveau. Ce dernier répond en stimulant le nerf vague et en provoquant un ralentissement de la fréquence cardiaque, une diminution de la pression artérielle… « On peut se faire beaucoup de bien avec la respiration »…

Des millions de personnes au monde souffrent de maladies respiratoires, Asthme, BPCO pour ne citer que les plus fréquentes. Chaque respiration peut devenir une douleur, une angoisse. Et au bout de cette angoisse, la peur de mourir…

Là, le cerveau respiratoire entre en jeu. « On peut faire croire au cerveau que les poumons reçoivent plus d’air » explique Thomas Similowski. C’est ce que fait inconsciemment l’asthmatique qui ouvre la fenêtre. Le souffle de la brise sur son corps lui donne l’impression qu’il respire mieux.

« Nous le faisons parfois à l’hôpital en projetant un petit courant d’air sur le visage des patients ». Autre méthode : distraire le cerveau de sa préoccupation respiratoire, par exemple par le massage. « Nous avons formé des aides-soignants au toucher relationnel. Ils prennent en charge les patients, les touchent, les massent, leur font faire des mouvements des bras. On voit les patients se détendre, certains débranchent même l’oxygène. »

La psychothérapie est aussi une arme pour libérer ce cerveau respirant…. Et inspirant ! Une chose est certaine : le cerveau et la respiration sont intimement liés. L’un peut faire du bien à l’autre et réciproquement…